En 1765, le Pape CLÉMENT XIII institua la solennité du SACRÉ-COEUR DE JÉSUS étendue à l'Eglise Universelle et inscrite au calendrier liturgique en 1856 par le Pape Pie IX. C'est à cette époque que débuta la construction de la Basilique du Sacré-Cœur de Jésus à Montmartre, élevée en signe de consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus.

 

En 1765, le Pape CLÉMENT XIII institua la solennité du SACRÉ-COEUR DE JÉSUS étendue à l'Eglise Universelle et inscrite au calendrier liturgique en 1856 par le Pape Pie IX. C'est à cette époque que débuta la construction de la Basilique du Sacré-Cœur de Jésus à Montmartre, élevée en signe de consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus.

C'est plus tard en 1899, précisément à Noël, que l'Église du Sacré-Coeur des Cayes fut inaugurée. À cette occasion, le Révérend Père Guillaume Casimir célébra la messe de minuit dans un bâtiment flambant neuf, ayant pour Saint Patron le Sacré-Cœur de Jésus.

 

Ce curé, Guillaume Casimir, un Français, fit de son mieux pour inciter les fidèles de la ville et des environs à venir chaque jour, plus nombreux, fortifier leur foi chrétienne à l’Église. Il rendait visite aux malades, les réconfortant, les consultant, leur apportant la parole de Dieu, les confessant et les communiant. Tout cela, à pieds ou à cheval selon le trajet à parcourir.

Entre-temps, en 1913, sous le gouvernement du Général-Président Antoine Simon, cette Église du Sacré-Coeur s'est agrandie avec l’érection du Calvaire ou Croix-des-Quatre-Chemins, haut-lieu de pèlerinages des fidèles catholiques Cayens où à chaque grande occasion comme le Vendredi Saint, le jour de la Fête du Sacré-Coeur, les Chrétiens accomplissent leurs dévotions. Des vaudouisants, des fois vêtus de chemises ou de robes en carabella, élégamment agrémentées de dentelle rouge ou ricrac, coiffés de grands chapeaux de paille s’y rendent transportant leurs *couis (bols) remplis d'offrandes à leurs lois Ogoun Féraille, Ogoun Batala, Ogoun Badagri, Herzulie Dantor,

 

Herzulie Fréda…, le plus souvent à midi, en signe de pénitence. Et la Croix-des-Quatre-Chemins demeure jusqu'à présent, pour tous les Cayens, les anciens surtout, un symbole de piété, de pénitence, de recueillement… un lieu privilégié d’ardentes et de ferventes prières.

Un autre curé ayant fait œuvre qui vaille, a marqué aussi son époque, c’est le Père Homère Duplessis, Français également, qui s’activa de son mieux pour agrandir la vigne et la moisson du Seigneur en cette Église du Sacré-Cœur.

Le premier curé Haïtien ayant officié à l'église du Sacré-Coeur aux Cayes s'appelait Jean Marie Salgado; lui en plus, a su coordonner des œuvres de charité et d’entraide sociale. On lui doit entre autres, la CAISSE POPULAIRE DES CAYES qu'il fonda en 1949 assisté des notables de la ville, d’une vaillante équipe dont le Pharmacien Clausel Sicard, Me Auguste Banatte, les professeurs Louis Victor, Guilio Gouin… Père Salgado, premier Prêtre Haïtien, fut aussi l’aumônier à la chapelle de l’Hospice, adjacente à l'Hôpital Immaculée Conception de la rue Mgr Maurice.

Le premier coup de massue asséné à cette église du Sacré-Cœur fut la destruction et l’envol de son toît par les vents violents du cyclone Cléo un 24 août 1964 vers les 4h pm. C'est le Père Roland Lussier, de nationalité américaine, qui était le curé à ce moment-là. Courageusement, il redoubla d’effort pour se remettre à la tâche et la messe de minuit, le 24 décembre 1964, put se dérouler dans l’Église entièrement recouverte et rétablie. Les fidèles, pour l'occasion, ont crié de félicité et de reconnaissance avec leur curé, le Père Lussier, envers Dieu.

Le 14 août de l'année dernière, 2021, le mois fatidique des sinistres rendez-vous violents d’éléments avec l’Église du Sacré-Coeur, la Ville des Cayes atterrée a pleuré amèrement l’effondrement de sa chère Église. Cette fois, Sacré-Coeur fut tellement atteinte qu'elle n'a pas pu être réparée ni reconsolidée. Le vaillant et fougueux Père Jean Alfred Bernard, un jeune Haïtien, a dû consentir à sa totale démolition. Et depuis, ce sont les complaintes, la désolation, le désespoir…

Les appels au secours s’y sont multipliés… Des réponses timides et disparates; des promesses qui traînent à se concrétiser; l’aide insuffisante d’humbles fidèles; finalement, le Curé Bernard s'est décidé à entamer les travaux de construction de novo d'une salle polyvalente où recommenceront toutes les activités de l'église du Sacré-Coeur qui fonctionnaient au ralenti pour certains et pas du tout pour d'autres. Le Curé, conscient de l’énormité de la besogne à abattre, n'a pas voulu baisser les bras, ni rester les bras croisés devant l'état lamentable de son Église depuis ce fameux 14 août 2021.

Le Père Bernard s'est fixé une date butoir (a deadline) : la Fête du Sacré Coeur qui doit revêtir un cachet spécial malgré tout. L'UNION FAIT LA FORCE, Il a réussi son pari. Le Saint Patron n'est pas fêté dans sa Cathédrale traditionnelle; mais, le Père Bernard a fait de son mieux pour doter ses paroissiens d'une salle construite sur l'emplacement du CENTRE CATHOLIQUE du bon vieux Père Jacques Henri. J’y revois Miss Françoise Félix, le sympathique Manno… les vétérans sacristains Régulus Duval, Clément Simon et Pascal Simon, deux frères au service de l'Église du Sacré-Coeur.

Je revois aussi la Maison des œuvres à la rue de l'Union, aujourd'hui rue Toto Bissainte; cette maison, lieu de réunion des Croisés, des Croisillons, des Scouts, des Guides et de toutes autres activités religieuses ou sociales. Cette maison, devenue aujourd'hui le Kindergarten Les Gais Lurons, fut construite et gérée par le Père Jacques Henri pour l'Église catholique sur les ruines d'un des derniers vestiges de LA BASSE COMÉDIE (Anba Komedi)

Entre-temps les offices religieux peuvent régulièrement s’y tenir ainsi que les répétitions des chorales, les réunions des différents groupes. Les cours de catéchisme peuvent recommencer à y être dispensés.

C'est dans ces conditions que la Fête du Sacré-Cœur de Jésus s'est déroulée cette année, les amis. Jubilons ! Jubilons et remercions Dieu de ses bienfaits !Remercions-le de nous avoir donné un jeune prêtre aussi dévoué que le Père Jean Alfred Bernard comme Curé.

Collectons encore et toujours de bonne foi pour la reconstruction de Notre chère Église du Sacré-Coeur (initiale) antérieure. Dieu nous le rendra au centuple… et ce, éternellement.